« Peindre » ne signifie jamais « peindre quelque chose »

ATTENTION… surkiffance à suivre

Un mercredi soir, j’ai déambulé à l’Orangerie des musées de Sens, parmi les oeuvres de Jean-Pierre Pincemin. Parmi trente ans de créations. Gravures et sérigraphies vous tendent les bras. Mises en valeur par une scénographie sobre et minimaliste, comme j’aime. J’aurai pu y rester des jours entiers. J’aurai pu m’assoir sur un banc et me laisser inspirer (mais y avait pas de banc, ah !). En y repensant, j’aurai dû y aller une deuxième fois…

Jean-Pierre Pincement (1944-2005) était à la fois peintre, graveur et sculpteur. Autodidacte, il quitte son métier de tourneur, mécanicien, et commence à peindre, à 23 ans. Après avoir été critique d’art il conçoit ses premières peintures et sculptures, et réalise en 1968 sa première exposition. L’artiste multiplie et alterne tout au long de sa vie différents supports de création : toiles, collages, estampes, oeuvres monumentales, sculptures… Il a navigué entre le figuratif et l’abstrait, le rêve et la réalité, la couleur et la monochromie, l’intime et le démesuré. Avec le groupe supports-surfaces, dans les années 60, il mène une réflexion sur la couleur, sur l’organisation de la surface colorée, sur le rôle de l’artiste et du statut de la peinture, sur le concept même de la réalité physique du tableau.

Dans les années 80, Jean-Pierre Pincemin, s’inspire aussi bien de motifs traditionnels indiens, japonais, religieux, ou encore des fables du Moyen-Age, sans figer son travail dans un style ou un médium unique. Il  interprète ces multiples influences pour créer une oeuvre éminemment personnelle.

A la fin des années 1990, Jean Pierre Pincemin décide de tout balayer et assimile donc tous les styles, tous les supports, toutes les techniques et tous les genres.

« Ma grande affaire avec la peinture est d’aimer la peinture, de ne pas savoir comment peindre, d’inventer des moyens de peindre et assez vite,
de pouvoir m’identifier à la peinture occidentale. »

Jean-Pierre Pincemin n’a cessé d’explorer de nouvelles pistes, sous la forme de toiles immenses, de commandes publiques colossales, et de petites peintures sur faïences et de très nombreuses estampes. Ses thèmes d’inspirations tournaient autour des arbres, des sujets religieux, des scènes de genre, parfois érotiques et également des portraits. Il devient le plus audacieux des techniciens, mélangeant l’huile avec ou sans goudron, ou utilisant d’autres mixtures toutes personnelles. Ces œuvres sont le résultat de recherches très éloignées de la peinture traditionnelle au pinceau : pliages, empreintes de briques, de grillages… Tout au long de son œuvre, Pincemin passe de l’abstraction à la figuration. Ce fut un artiste complet, inclassable.

Publicités

2 Replies to “« Peindre » ne signifie jamais « peindre quelque chose »”

Commentissimi

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s