Véra et Vladimir, un amour pour la vie

En feuilletant un Télérama, je suis retombée sur l’une des plus belles complicités que la terre, et les cieux aient portées :  Vladimir et Véra Nabokov.
Vladimir l’appelait son « ange aux cheveux d’or »…

La liste des rôles qu’endossa la discrète Véra, née Slonim (1902-1991) est longue. Durant 54 ans qu’était leur couple, elle fut : amante, épouse, mère de leur fils unique, mais aussi chauffeur, cerbère, garde du corps (on dit qu’elle avait un pistolet dans ses poches), correctrice, agent, assistante du professeur Nabokov (quand il enseignait).

nabokov_halsmanC’est l’une des beautés des Lettres à Véra que d’exposer et de détailler la complicité hors norme qui unissait Vladimir et son épouse. Il aimait énormément cette initiale commune à leurs prénoms, qu’il dessinait souvent sous forme d’ailes de papillons.

blogger-image-308572228Membres de la diaspora russe de Berlin, ils se sont rencontrés en mai 1923 lors d’un bal. Lui avait 24 ans et avait déjà publié sous le pseudonyme de Vladimir Sirine, quelques poèmes. Elle avait 21 ans, avait déjà lu lesdits poèmes et le séduisit d’emblée. En juin, paraît dans le quotidien Soul (que dirigeait son père) le poème de Vladimir, qui scelle leur coup de foudre. En juillet, il lui écrit du Var où il avait trouvé un job d’été. Exprimé de multiples façons, l’aveu réitéré, asséné d’une infinie tendresse, est la ligne directrice de la centaine de lettres composant leur correspondance. Mariés en 1925, constamment bousculés par les événements politiques en Europe, les Nabokov sont souvent séparés durant les douze premières années de leur mariage. Dès lors où ils ne sont pas ensembles, Vladimir prend la plume chaque jour pour lui décrire son quotidien, son environnement, ses rencontres, ses pensées, ses lectures, ses réflexions, son travail. Ils s’installent dans le sud de la France avec leur fils né en 1934, puis aux Etats-Unis en 1940.

En dépit des décennies qui s’écoulent, Véra demeure pour Vladimir
« mon amour, mon amour »,
« ma chère ardeur »,
« mon ange aux cheveux d’or »,
« ma vie »,
« mon seul bonheur ».

Intelligente. Tenace. Sévère. Aimante. De son propre amour, on ne saura rien. La discrète Véra, devenue veuve, se mit à détruire ses propres missives, avec le même soin, qu’elle avait consacré à veiller, épauler, aimer sa vie durant, et au-delà de la mort Vladimir…

Qu’est-ce que c’est beau 😉

Publicités

Commentissimi

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s