La prière des morts…

… ou Kaddish est le quinzième épisode de la saison 4 de ma série préférée (X-Files, bien sûr) qui parle du golem. Cela me fascine et c’est bien en 1997, année de diffusion de cet épisode que j’entend ce mot pour la première fois.

Mystérieuse boule de terre, le golem s’évanouit dans la nuit de la mystique juive. Est-ce un homme, une femme, un monstre ? Du domaine de la légende, jusqu’au jour où Gustav Meyrinck (écrivain autrichien) lui « redonne vie » en 1915, dans son roman fantastique le Golem. Cette créature nous rappelle bien notre condition d’être composé d’eau et d’argile. Incarnant l’image de l’homme, le golem est à la fois rudimentaire et divin, protecteur et destructeur, docile et rebelle.

Les traductions du mot hébreu « golem » en disent long sur la fascination et la répulsion que suscite cet masse de boue quasi informe. Dans la bible, au livre des psaumes, où Adam le glébeux (adamah signifie « terre »), s’adresse à Dieu :

« tes yeux ont vu mon golem,
et sur ton livre seront écrits les jours qui me seront destinés ».

Le personnage folklorique n’apparaît réellement qu’à la fin du XVIe siècle à Prague. Le golem est annoncé en rêve au grand rabbin Yehoudah Loew (v.1525-1609), le colosse d’argile  devra défendre la communauté juive accusée alors de tuer des enfants chrétiens pour confectionner le pain azyme.

Modelé à partir d’une boule de terre glaive des rives de la Vlata, le golem s’animera à grand renfort d’incantations kabbalistiques. Ce pouvoir magique des mots connaîtra en Pologne, au siècle suivant une variante inédite, d’où naît un autre mythe selon lequel le mot « emet » (vérité) gravé sur le front du golem aurait le pouvoir de lui insuffler la vie et de le faire grandir indéfiniment. Une force des plus puissantes et incontrôlables, si elle échappe au jugement de son créateur. Le seul antidote est de modifier le mot inscrit sur son front en supprimant le « e » (la lettre hébraïque « alef »). Le mot devient alors « met » ce qui veut dire « mort ». Une seule lettre effacée de son front et la créature prodigieuse est alors anéantie.

« Alef » est aussi le symbole de l’infini et cette lettre contiendrait à elle seule tout l’univers.

golem2

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